Les conflits dans le libre

Publié le dans « Informatique ». Mots-clefs : ocaml, Libre

Mener un projet libre n’est pas simple; cela demande du temps, beaucoup d’investissement, et le retour est rarement suffisament encourageant pour tenir sur cette motivation. Il y a en ce moment des tensions au sein des développeurs Ocaml par rapport à deux projets concurents.

Le langage Ocaml essaie de gagner un nouveau dynamisme depuis quelques années. Parmi les moteurs de ce dynamisme, un nouveau gestionnaire de paquets, opam, est censé apporter une simplification dans la gestion des dépendances, et l’installation des librairies nécessaires à un projet. Sauf qu’il existe déjà un gestionnaire de paquets dans Ocaml: godi, qui existe depuis quelques années, et qui a réussi à créer une grande bibliothèque de librairies installable.

Le créateur Gerd Stolpmann a laissé un message sur la mailing-list récemment, indiquant qu’il arreterait de maintenir godi, en partie à cause de la concurrence d’opam, et principalement à cause de la campagne de dénigrement de godi de la part des mainteneurs d’opam. Cela est en train de déchaîner les réponses et d’agiter les principaux acteurs d’Ocaml qui essaient de trouver une solution pour sortir du conflit.

Les reproches

Gerd Stolpmann reproche à ocamlpro (l’équipe de développement d’opam) de ne pas l’avoir contacté avant de se lancer dans le développement d’une solution concurrente, et d’avoir été évincé après avoir construit et maintenu un écosystème viable. D’un autre côté, ocamlpro annonce que opam répondait à une demande d’un nouveau produit par un client, et qu’il était plus simple de repartir sur une nouvelle base.

Par ailleurs, la communauté reprend Gerd Stolpmann en lui annonçant qu’il n’y a pas eu de dénigrement. Il y a bien eu toute une campagne d’enthousiasme liée à l’arrivée d’un nouveau produit, mais qui ne s’est pas accompagnée pour autant d’un dénigrement de godi et de la solution existante.

Rien de nouveau sous le soleil

Ce genre de débat n’est pas nouveau, les conflits le noyau linux sont souvent remonté et dérivent parfois vers des mails cinglants s’échangeant sur les mailing-list. Le conflit est même plutôt positif, voire nécessaire (la seule manière de gérer un projet sans conflit est d’imposer un dictateur). D’une manière plus générale, Georg Simmel nous explique que le conflit est positif, car il correspond à une prise de conscience de l’existence de l’autre.

Pour ma part, je trouve dommage que l’esprit de création puisse être gâché à cause de querelles de ce genre. Bien sûr, tout le monde est libre de commencer un nouveau projet sans se référer à ceux existants, bien sûr tout le monde peut forker ou même repartir à zéro un nouveau projet sans demander la permission, mais quand on a affaire à une communauté compétente (et les développeurs Ocaml le sont), je trouve dommage de diviser les compétences d’une communauté et pousser quelqu’un à l’aigreur pour des raisons aussi futile que ce qui se passe en ce moment.

C’est pourtant le revers de la médaille du bazar, les construction de cathédrales n’ont pas autant de péripéties… D’aucuns diront que ça fait partie de la vie des projets libre.

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