Les utilisateurs invisibles de Linux

Publié le dans « Informatique ». Mots-clefs : Libre, Humeur

Bonjour à tous, pour mon premier article sur le planet-libre, je voudrais faire part d’une réflexion qui m’interpelle depuis un moment concernant l’univers Linux: le fait que les utilisateurs non administrateurs soient exclus de toute la documentation/prise en main que l’on peut trouver sur le système. Je ne donne ici que quelques aspects de cette réflexion mais je pense qu’elle touche l’ensemble des participants au monde du libre.

La plupart des articles que l’on peut voir sur le net qui concernent l’utilisation du PC sous Linux restent limités à un point: souvent ils oublient le fait que plusieurs utilisateurs puissent être enregistrés sur le PC, et que tous ne soient pas forcément des administrateurs ( ceux qui peuvent avoir des droits root sur la machine). Pourquoi donc? Est-ce que cela signifie que la plupart des linuxiens sont les seuls à utiliser le PC ? C’est possible, mais là n’est pas mon sujet. Je pense que le problème est que les utilisateurs sont pour l’instant invisible de la littérature sur Linux que l’on peut trouver sur le net. À la fois invisible du côté des distributions, et invisible du côté des communautés.

Le problème se retrouve présent dans deux aspects: d’une part dans la documentation s’adressant aux administrateurs, et d’autre part dans la documentaiton s’adressant aux utilisateurs.

Si l’on suit les manipulations que l’on peut trouver un peu partout sur le net, on trouve souvent des modifications qui ont pour conséquences de modifier la configuration générale du système, et l’on trouve plus souvent des modifications dans /etc/ que dans ~/.config/

Suivre les besoins des utilisateurs

Tous les utilisateurs n’utilisent pas forcément l’ordinateur de la même manière et il faut prévoir quels sont leurs besoins avant de se lancer dans une opération générale. Par exemple, il n’y a pas longtemps était paru sur le planet-libre un article sur privoxy qui se terminait par une manière élégante d’utiliser privoxy sans configuration supplémentaire1. Or privoxy est lent pour traiter les sites puisant des ressources un peu partout — par exemple google news ou planet-libre (!) et se transformer en inconfort pour l’utilisateur.

Les mises à jour

Faire une mise à jour est toujours quelque chose de périlleux, et l’on ne sait pas forcément comment le système va réagir; entre le logiciel qui ne fonctionne plus car sa configuration a changé ou celui qui ne fonctionne plus car un bug a été introduit dans la nouvelle version, les risques sont possibles (je n’ai par exemple pu plus lire de dvd lors de la mise à jour du noyau 2.6.302…)

Je ne veux pas relancer le débat sur le packaging des distributions ( rolling release contre version fixes) mais le problème doit être posé : comment être sûr en faisant une mise à jour que l’on ne va pas casser tel composant?

En plus des modifications générales sur la configuration que peuvent introduire les modifications, on peut se retrouver dans la situation inverse: l’utilisateur n’a pas le droit de visualiser les fichiers de logs, d’installer un paquet ou de modifier un fichier de configuration et ne pourra donc pas suivre la documentation qu’il peut trouver ici et là sur le net.

Pouvoir utiliser ses propres applications?

Les distributions n’ont pour l’instant pas de solutions pour gérer l’installation de paquets par un utilisateur normal (qui irait s’installer dans /opt/ par exemple), pouvant être installés sans droit root, et ne pouvant être exécutés que par l’utilisateur ayant fait son installation.

Utiliser des commandes non root

En fait, ce système que l’on nous décrit ouvert ne l’est réellement que si l’on est admin dessus. Pour les autres, la manipulation se limite à bash, python… Dans la documentation, on trouve même des exemples demandant à l’utilisateur d’être root alors qu’une commande équivalente peut être lancée par un utilisateur normal (par exemple $netstat -ie au lieu de #ifconfig)

Ce problème de l’utilisateur non root est pour l’instant contourné (par exemple en configurant sudo dès l’installation), mais il reste posé, et n’est jamais attaqué de front.

Le fait que cette situation ne soit jamais évoquée est pour moi significative de l’utilisation faite de linux aujourd’hui: bien loin du grand public. Nous sommes tous ici des utilisateurs bidouilleurs, et ne voyons pas forcément une utilisation quotidienne d’un utilisateur standard. Je ne veux pas en faire une généralisation sur l’avenir de Linux et une remise en cause nécessaire. Je pose juste ici un constat sur une situation qui est pour moi, encore trop souvent invisible.

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